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Deux alpinistes autrichiens tentent l’ascension du mont Blanc. Une tempête de neige se lève sur la montagne. Dans la vallée, aisément installés à la terrasse de l’hôtel, des touristes braquent la lunette télescopique sur le spectacle d’un homme éperdu…

D’une écriture ciselée, mêlant humour, cruauté et pudeur, cette nouvelle, comme les douze autres qui composent ce recueil, révèle la tendresse infinie de l’auteur pour les gens ordinaires.


Avec la littérature, la montagne est une des grandes passions de Michel Jullien (1960). Après avoir gravi une centaine de sommets dans les Alpes et les Pyrénées, il a cessé l’escalade à quarante-cinq ans pour se consacrer à l’écriture. Publié chez Verdier, Vu d’un cercle (2025) a été finaliste du Goncourt de la nouvelle.

La romancière Evie Wyld, primée en 2020, n’était pas venue quand nous étions obligés de faire les conférences anglophones par Zoom à cause du Covid. Nous sommes donc ravis de l’accueillir en personne à Parisot cette année, avec son quatrième roman, Les Échos.
C’est l’histoire d’Hannah, une Australienne qui vit à Londres avec son petit ami Max, récemment décédé, et qui nous dit dès le début : « Je ne crois pas aux fantômes, ce qui, depuis ma mort, est devenu un véritable problème. » Son fantôme peut rôder dans leur appartement et voir comment Hannah gère, ou non, sa mort, mais il n’obtient aucune réponse aux questions qui ont tourmenté leur relation : pourquoi ne l’a-t-elle jamais présenté à sa famille, pourquoi hésiter à s’engager, pourquoi ne pas poursuivre sa carrière d’écrivaine et travailler plutôt dans un pub…
Avec un humour décalé, une perspicacité et une compassion perçantes, Evie explore comment le passé d’Hannah, ayant grandi près d’un ancien centre de redressement colonial, résonne dans sa vie avec Max, malgré tous ses efforts pour y échapper. Et c’est un passé difficile, marqué par la complexité et les traumatismes dans sa famille immédiate, et dans la société en général.

« Je viens d’un pays où les écrivains sont soit emprisonnés, soit tués, mes poèmes ne sont que l’éloge de la vie. »

Poèmes traduits du persan par Jalal Alavinia

Née en 1983 à Téhéran, Mahtab Ghorbani a écrit des poèmes dès son plus jeune âge. Plus tard, la rencontre avec le célèbre écrivain iranien Ali Ashraf Darvishian lui donne le goût de la littérature. Étudiante, elle se voit expulsée de l’université pour ses activités en faveur de la cause des femmes et l’écriture de poèmes politiques et érotiques. Ses écrits sont désormais interdits en Iran. Emprisonnée à plusieurs reprises pour avoir écrit ces poèmes, elle s’exile en France en 2016 avec sa fille. Elle publie un recueil de poèmes en persan à Londres puis à Paris, aux éditions du Net. Son prochain ouvrage sera publié aux éditions Bruno Doucey.

Le premier roman de Gurnaik Johal, Saraswati, entraîne le lecteur dans un long voyage à travers la vie d’une famille pendjabie élargie. Le titre fait référence à une rivière mythique qui occupe une place profonde dans la mémoire collective de la communauté pendjabie.
Dans ce qui semble être une tâche impossible, Gurnaik tisse l’eau pour créer une tapisserie complexe et toujours mouvante de famille, de communauté, de politique et de religion à travers plusieurs générations.
L’histoire commence avec le retour de l’eau dans un puits asséché. À la fois profondément symbolique et scientifiquement déroutant, cet événement et l’interprétation de sa réapparition résonnent tout au long du récit. Mêlant romance, politique, religion et liens familiaux, ce récit passionné et d’une grande ampleur a déjà suscité un large écho critique, au Royaume-Uni comme ailleurs, marquant l’arrivée d’un nouveau talent littéraire prometteur. A suivre de près!

Verdier : une belle maison, indépendante, ouverte au monde

Les éditions Verdier sont nées en 1979 de la volonté de quatre jeunes militants de gauche désireux de poursuivre autrement leurs réflexions sur l’engagement, la politique, la littérature et la société.

C’est au cœur des Corbières, dans l’ancienne ferme familiale nommée Verdier, que débutera une aventure éditoriale collective extraordinaire, ouverte au monde, au croisement de différentes cultures.

Le catalogue compte aujourd’hui plus de huit cents titres regroupés en cinq grandes rubriques : littérature, sciences humaines, philosophie, art, architecture et cinéma, spiritualités.

A Festilitt, Colette Olive, co-fondatrice des éditions Verdier, racontera l’histoire de Verdier qui figure aujourd’hui parmi les plus prestigieuses maisons d’édition indépendantes françaises. La rencontre sera suivie par une conversation avec Michel Jullien, auteur du recueil de nouvelles Vu d’un cercle, paru au printemps 2025.

Dans son puissant dernier ouvrage, I Brought the War With Me, la journaliste et correspondante de guerre Lindsey Hilsum explore comment la poésie peut exprimer ce que le reportage traditionnel ne parvient pas toujours à transmettre.
Après de longues journées passées en zone de conflit, Hilsum constatait que ses dépêches, bien que factuelles, manquaient parfois de la vérité émotionnelle de ce qu’elle avait vécu. Dans une interview récente, elle explique comment elle s’est tournée vers la poésie pour combler ce vide—cherchant un autre langage, un autre regard, pour transmettre l’expérience humaine de la guerre.

Au-delà des faits bruts—frappes de missiles, bilans de victimes—la poésie reformule le récit. Elle apporte de la nuance, de l’empathie, de la profondeur, offrant une vision plus intime, de la souffrance dissimulée derrière les gros titres. En mêlant ses propres récits de terrain aux poèmes écrits par ceux qui ont été directement touchés par les conflits, Hilsum dévoile un portrait de la guerre empreint d’humanité.

Amadou Barry est né en Guinée. Journal d’un exilé est son premier roman. Echouant en périphérie de la capitale française, un exilé en situation irrégulière rencontre un compère hors norme, philosophe à ses heures, qui l’accepte sous sa tente. C’est le début d’une complicité fraternelle, dans un quotidien de violence et de dénuement où l’insolite croise la précarité et l’impuissance.

Amadou Barry scrute sans concession les conditions de survie de ces invisibles. En questionnant par une approche romanesque un sujet de société majeur, il tente, avec succès, de restituer à tous ses personnages leur profonde humanité.

Un véritable joyau dans la programmation de Festilitt : l’historienne Hanna Diamond, professeure d’histoire contemporaine de la France à l’université de Cardiff, sera parmi nous pour présenter son dernier ouvrage: La guerre secrète de Joséphine Baker.

Légende de la scène et du grand écran, Joséphine Baker a marqué l’histoire en brisant de nombreux stéréotypes raciaux qui pesaient sur les milieux du cinéma et du cabaret à leurs débuts. Dans sa biographie rigoureusement documentée, Hanna Diamond révèle le rôle méconnu de Baker dans la collecte de renseignements pour le compte des services de renseignement européens pendant la Seconde Guerre mondiale.
Diamond explique comment Joséphine Baker fut recrutée en 1939 par les services secrets français, sous la direction de Jacques Abtey. D’abord sceptique, Abtey comprit vite que la renommée internationale de Baker lui ouvrait les portes des cercles les plus fermés d’Europe et d’Afrique du Nord. Elle put ainsi recueillir et transmettre des informations codées grâce à de l’encre invisible, des messages dissimulés dans ses costumes ou même dans ses partitions. Son statut de célébrité lui donnait un accès privilégié aux coulisses du théâtre de la guerre — un privilège rare à l’époque.

Parfaitement documenté, remarquablement écrit et magistralement présenté, l’ouvrage de Hanna Diamond ajoute un nouveau fil à la tapisserie aux multiples facettes que constitue la vie de Joséphine Baker et l’héritage qu’elle laisse derrière elle.

Colette Magny, Verfeil-sur-Seye ?

Cette grande dame de la chanson française, exigeante, engagée et rebelle, longtemps boudée par les médias, y a passé les vingt dernières années de sa vie. Elle aura marqué de manière indélébile ce monde, trop souvent commercial, du spectacle mais aussi le cœur des Verfeillais. Preuves en sont les deux grandes manifestations organisées en son souvenir en 2017 et 2022 dans ce village.


Périne Magny-Lecoy, sa nièce, nous propose un témoignage sensible à travers ses souvenirs, son histoire familiale et des extraits de chansons qu’elle replace dans leur contexte. Elle rétablit ainsi certaines vérités afin de « remettre le western à l’endroit ».

Un rendez-vous à ne manquer à aucun prix, le dimanche 12 octobre!

De Parisot with Love

Irina Lopériol et Mandy Govey co-écrivent un voyage théâtral bilingue ponctué de clins d’œil musicaux chantés emblématiques, visitant tantôt avec humour et tantôt avec poésie,  le caractère de leurs identités linguistiques respectives, le français et l’anglais.

Au travers de scénettes mêlant création, extraits littéraires et musicaux, elles explorent quelques clichés culturels, la perméabilité entre les langues, le «franglais», et questionnent comment par la musique et la beauté des mots, on peut réconcilier des mondes et faire de la diversité un atout.

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